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JEAN HAAB : LA PASSION DES LETTRES

Jean HAAB, Ecrivain passionné par tout ce qui rend l’homme plus libre, plus juste et donc plus heureux, s’est consacré à l’acquisition et à la transmission de la Connaissance.

Il a eu l’opportunité dans sa vie, d’être au contact d’hommes et de femmes remarquables. La première d’entre elles fut sans conteste Jeanne GUESDON, sa première initiatrice, puis André SAVORET qui lui enseigna l’alchimie, suivi par Roger CARO, praticien exclusif de la voie du cinabre. VIRYA vint ensuite pour lui ouvrir les Portes de la Kabbale.

 Afin de partager ses découvertes, il créa plusieurs œuvres littéraires et anima de nombreux séminaires et conférences.

Son Œuvre Littéraire …

• De Novembre 1963 à Avril 1970, quinze articles sont publiés par la Revue ATLANTIS, 35, rue des Alpes (42410) PELUSSIN (tel 06.07.40.03.69) notamment dans les n° 220-221-225-226-228-230-231-235-241-244-249-251-254-255-256.

• En février 1979 : « L’ALPHABET DES DIEUX ».

• En mai 1993 : « GNOSE ».

• En juin 2002 : « L’ALPHABET DES DIEUX » (nouvelle édition remaniée).

• En janvier 2010 : « LE TAROT PHILOSOPHIQUE ».

(source site : www.jeanhaab.fr)

Jean pratique et enseigne le Syncrétisme des Voies caractérisé par l'utilisation convergente et simultanée des Grandes Traditions que sont l'Alchimie, le Tarot et la Kabbale avec l'Arbre des Sephiroth, les Lettres et les Nombres (dixit l'auteur.)

                                                                 *        *       *

Jean HAAB, je t'avais rencontré chez Bruno SEBIRE dans les années 1990, où j'avais assisté à ta conférence sur L'Alphabet des Dieux. Quand je t'avais quitté, la dernière fois, (il y a presque une génération !), nous parlions kabbale, et tu m'avais dit : « la prochaine fois qu'on se reverra, on se tutoiera. Car quand on parle kabbale, on se tutoie...»

A l'occasion des « Féeries du Bocage » à Voulx (77), je te retrouve en Juin 2013, grâce à GODO.

Aujourd'hui, bien sûr, le tutoiement est bien de rigueur...                                                   

Pour commencer, je dirais que je goûte la musique subtile de ton oeuvre, savant et fascinant cocktail engendré par l'Egypte-Mère, entre les mystères d'Eleusis, les mythologies gréco-romaines, la kabbale juive et chrétienne,...Une remontée exceptionnelle dans le temps et la Gnose via les archétypes.

Jean, tu viens d'avoir 84 ans. Sagittaire, chemin de vie 8, soumis au programme de l'Ange IMAMIAH n°52, tu as bien accompli la balance du sentier Netzah-Guevourah, menant à la libération et la liberté. D'autant plus que la section de la Torah qui correspond à ton chemin de vie est la Paracha VAYETSE (« sortit... »). Elle décrit la vision de l'échelle de Jacob et des anges du service, et la promesse  de la construction future du Temple.

La racine de HAAB est bien AB, le Père...

 

QUESTIONS A JEAN HAAB A PARTIR DE L'ALPHABET DES DIEUX

1. LES NOCES ALCHIMIQUES DE LA FEERIE

Ainsi donc kabbale et féerie font bon ménage, puisque tu enseignes le sens alchimique des contes. Tu penses qu'une Grande Tradition Primordiale vit à travers les contes de fées, les fables et les légendes, les mythologies, et en particulier, le symbolisme, la kabbale.TORAH-TAROT-ROTA...

les longues racines glorieuses qui nous portent.

Mais si tu veux bien, parlons de la féerie, et de sa place spécifique dans l'expression de l'incons-cient. Dans l'Arbre de Vie, ses créatures fantastiques (Elémentaux, fées, lutins, etc) évoluent dans sa partie « inférieure », de Malkhouth à Tiphéreth, en passant par Yésod-Netzah-Hod.

Aujourd'hui, cette forme d'expression se développe bien davantage sur la forme, l'image, dont les lettres composent aussi le mot magie, quitte à s'y emprisonner dans une forme de bégaiement virtuel et complaisant, manifestant là un certain degré d'évolution. Seuls les grands auteurs comme JRR TOLKIEN, ou JK ROWLING, arrivent à équilibrer le fond, ou son intention, et la forme.

J'ai une théorie sur la féerie, hormis l'approche jungienne, genre mineur qui porte dans son propre langage des thèmes majeurs, mais témoigne aussi de notre traçabilité ontologique au fil des époques.

Je m'explique : les premiers fondements de notre civilisation humaine « récente » datent de l'avant- dernier Déluge, soit peut-être environ 10000-13000 ans, lorsque les Sept Lois noahides s'imposèrent, reflétant la nouvelle alliance conclue entre Dieu et Noé sous le signe de l'Arc-en-Ciel.

Auparavant, le grand chambardement était dû au chaos des forces du « Grand Mélange » issu des engendrements entre les Anges et les filles de la Terre (cf. Livre de la Genèse) ; et aussi ceux entre les animaux et les humains. Le Déluge recouvra ces mutations comme autant de refoulement dans notre inconscient collectif.

La féerie peuplée de créatures mi-angéliques, mi-animales, mi-humaines, avec la rémanence de pouvoirs surnaturels, nous ramènerait à cette lointaine origine. Le fond celte de TOLKIEN en témoigne, rémanence indo-européenne, elle-même reflet d'une époque beaucoup plus ancienne, au début d'Homo Sapiens, ou d'Homo Néanderthalensis...

La féerie borderait le premier âge de notre ontologie (pré)noahide, qui s'épanouira ensuite par les Tables de la Loi, la Torah, puis le Nouveau Testament, et la civilisation judéo-chrétienne occidentale aujourd'hui à son apogée, et en cours de mutation radicale.

                                                                                                                                                      (Wikipédia)

Mais, disons, au 3° Millénaire, les signes de la nouvelle ontologie apparaissent, et pour nous, Harry POTTER en est le signe parmi d'autres, et son succès nullement anodin. Qu'est-il en jeu dans l'Ecole des Sorciers de Poudlard ? Rien de moins que l'annonce d'un nouveau monde, dans les relents d'un univers magique nostalgique, mais toujours présent dans les esprits, qui ne fonctionnera que grâce aux pouvoirs de toutes sortes répandus dans toutes les sphères de la société.

La science et la la technologie numérique au service d'un homme « créé à l'image de Dieu » accélèrent l'accouchement d'une humanité néo-luciférienne, qui va progressivement modifier son âme, et non pas la supprimer, pour survivre aux nouveaux défis. Homo Sapiens pourra continuer à le faire.

Si l'on apprécie l'importance proportionnelle des mondes de la finance et de l'image dans nos vies, on imagine ce qui nous attend. Il y a 1000 ans déjà, la prophétie de Jean de Jérusalem annonçait l'émergence d'un monde virtuel plus réel que la réalité elle-même pour notre époque. C'est le retour en force de Babel et du Livre d'Enoch. Il y a des lumières qui aveuglent encore...

En grossissant outrageusement, je dirais que la féerie représente elliptiquement l'alpha et l'oméga de notre ontologie et de notre civilisation de passage, à condition de rester simplement féerique...

A la lumière de L'Alphabet des Dieux, l'Atlantide apporterait donc une grille de lecture majeure ? - sa disparition il y a 13000 ans serait-elle la clé de compréhension d'un autre Déluge, un écho bien antérieur à l'explosion du volcan de Santorin, ayant permis, selon Ed METZLER (Baalschem Press Herborn, 1989) ?

« L'Exode des esclaves hébreux fut favorisé par l'activité géo-sismique issue à la fois de l'explosion du volcan de Santorin en -1441 av JC, et du tremblement de terre qui éleva le niveau du Nil à Semna pendant le règne du Pharaon AMENEMHET III, et rendit la traversée de la Mer Rouge possible par le peuple d'Israël. » - et son retour programmé, par les prémices de cette nouvelle ontologie, propre à l'ère du Verseau, avec ses enjeux redoutables ? - La religion catholique se développe en Afrique, comme la Kabbale, à l'image de feu AD GRAD ayant créé l'Ecole Kabbaliste des Caraïbes comme précurseur en 1996. Est-ce là un signe atlante ?

- est-ce que la mystérieuse prophétie de Jean XXIII ci-dessous relève de cet ordre-là ?

 

A Sept de la Grèce à travers le monde,

Après la vision, et les nouvelles paroles conquerront la terre, répétées par le Christ,

répétées par ses nouveaux enfants.

Ce sera le moment du réveil et des grands chants.

Les rouleaux de parchemin seront trouvés dans les Açores et parleront de civilisations antiques

qui enseigneront aux hommes des choses antiques inconnues d’eux.
La mort sera éloignée et petite sera la douleur.

Les choses de la terre par les rouleaux, parleront aux hommes des choses du ciel.

Toujours plus nombreux les signes.

Les lumières seront dans le ciel, rouges, bleues, vertes, rapides.

Elles augmenteront.

Quelqu’un vient de loin, veut rencontrer les hommes de la terre.

Il y a déjà eu des rencontres.

Mais qui a vu vraiment s’est tu.

Si une étoile s’éteint, elle est déjà morte.

Mais la lumière qui s’approche est quelqu’un qui est mort et qui revient, dans les cartes du souterrain de fer de Wherner, toujours secrètes, la réponse à découvert.

Le temps n’est pas celui que nous connaissons.

Nous avons des Frères vivants, des frères morts.

Nous sommes nous-mêmes.

Le temps nous trouble.

Bienvenue, Arthur, enfant du passé, tu seras la preuve.

Et tu rencontreras le père de la mère.

En final, peux-tu nous dévoiler un peu plus la substance de ce come-back atlante, futur rendez-vous de l'humanité avec une couche de son inconscient collectif face à la grande Tradition primordiale ?

La mondialisation accélérée en cours porte sûrement les germes d'une Al-Kimiya planétaire...
 
  

2. LA VOIE INITIATIQUE

Le mythe de la Caverne de Platon, l'histoire du combat de Jacob contre l'Ange, et son nécessaire corollaire, la réconciliation avec son frère Esaü, nous enseignent que la traversée de l'inconscient est inhérent à la condition humaine. Et que la lutte extérieure ramène toujours à la lutte intérieure.

La voie initiatique permet le processus alchimique progressif de transformation visant à convertir l'ombre en lumière, et à acquérir le « connais-toi toi-même, l'univers et les dieux. »

Rappelons que la kabbale hébraïque est le sens profond de la Torah, mais là où la finalité peut diverger, c'est en affirmant qu'elle procède de la psychologie des profondeurs.

Le but de la vie n'est pas la religion - (ou alors la vraie, bénie-soit-elle !) - mais de contempler son inconscient en l'ayant décrypté, et trouvé sa place dans le monde, tout en acceptant sa pleine réalité.

Trop de chemins spirituels feignent d'ignorer que le but de l'Arbre de Vie est nullement l'ascension ou la transcendance, mais bien la Séphira Malkhouth, le Royaume. Soit, avoir les pieds sur terre, et acquérir un solide bon sens et discernement, bien utile par les temps qui courent...

Face à « l'électroencéphlogramme plat » de la pensée et de la croyance occidentale, au royaume du consumérisme, les âmes éveillées et sensibles sont de plus en plus isolées.

Tradition et Exil vont souvent de pair. Ainsi à la création de l'état d'Israël en 1948, fixant là sa communauté - rappelée par le Dieu Tutélaire de son Lieu - succéda l'invasion militaire chinoise du Tibet en 1950. Une autre tribulation commençait...

Quand le Sujet devient Objet, le Sens tombe et meurt. Les Ecoles des Mystères ayant disparues, les secrets eux-mêmes se diluent. L'entropie nous dérive vers le néant. D'où l'espérance d'un grand renouvellement.

A ce titre, que penses-tu le l'oeuvre remarquable de ta « fille spirituelle », Marie ELIA, Rencontres avec la Splendeur, le pouvoir guérisseur des Lettres hébraïques, et le Tarot correspondant (Edition ALTESS - 1998) ?

L'énergie graphique de son aleph-beth, plutôt New Age dans le plein sens du terme, contient bien l'énergie spirituelle opérative des temps actuels, tournée vers la rédemption du passé afin de vivre pleinement le présent.

L'avenir de la kabbale en Occident, n'est-il pas son application psychologique au quotidien, comme le propose le courant anglo-saxon ?

La Tradition permettra toujours de transmettre de façon codée les réalités de l'inconscient, et les lois de l'univers, c'est-à-dire « DIEU », que les pensées systémiques de tous bords et de toutes époques ne peuvent réduire et même expliquer intégralement. CQFD.

 
3. LES LETTRES ET LES DIEUX

« Au Commencement était le Verbe... »

Nous te remercions d'abord d'avoir publié le code kabbalistique du prologue de Saint Jean, « texte magistral qui mériterait de figurer au Patrimoine mondial de l'Humanité. » Bravo.

En effet, la valeur numérique de ce texte traduit en hébreu, est la même que la première phrase fondamentale en hébreu du Livre de la Genèse (BERESHIT), « Au Commencement (en-tête, dans le Principe) Dieu créa les Cieux et la Terre. »

En effet, n'en déplaise une certaine mauvaise foi rabbinique et même catholique, le prénommé « Saint Jean » (Yohanan), très proche de Yéschouah, était un éminent kabbaliste.

Claude TRESMONTANT lui-même, dans son Enquête sur l'Apocalypse (FX de Guibert), révèle que ce vrai Yohanan là, était aussi Yonatan, « Cohen Gadol, Grand Prêtre (du Temple de Jérusalem) en 36-37. Il annonce dans les années 50, c'est-à-dire quelques 20 ans à l'avance, la prise et la destruction de Jérusalem, qui aura bien lieu en 70. »

Comme il ne pouvait signer lui-même ce texte, à cause de la tension judéo-chrétienne de l'époque, un autre Yohanan (Jean) fut présumé l'avoir écrit à Patmos (Grèce).

A partir de la notion de Logos créateur, beaucoup s'accordent à célébrer le caractère sacré des Lettres hébraïques.

« Au commencement, les Lettres étaient cachées, et le Saint, Béni-Soit-Il, les contemplait et en faisait ses délices. » (Zohar)

Tu rappelles à juste titre l'apparition simultanée de la Torah et de l'alphabet des Lettres carrées hébraïques (vers 500 avant JC, au retour de l'exil de Babylone), correspondant à l'unification des alphabets antérieurs (à partir du protosinaïtique, -1500 av JC), et par ailleurs aussi des Tribus d'Israël. Ceci est une phase majeure de la Route du Code.

Mais, de même qu'un Déluge en rappelle un autre, tel alphabet renvoie à un autre, et chaque maillon de la Connaissance constitue la chaîne de la Grande Tradition Primordiale.

Comme tu nous indiques le schéma de l'Arbre de Vie dans le corps humain, chaque Séphira en est une partie, dont la tête porte Kéther, la Couronne. Après tout, c'est bien notre cerveau qui interprète Dieu de façon intelligible pour l'homme. Cessons donc l'idéalisme et la « pensée magique » une bonne fois pour toutes. Devenons enfin Adultes face à notre destin.

Si nous voulons raison garder, ne faudrait-il pas enfin ramener le caractère divin des Lettres au fait que leur schématisme carré, issu du protosinaïtique, renferme (tout simplement) la structure même de l'essence du langage méditerranéen et occidental ?

Notre parole est bien notre dimension divine mais seulement dans notre espace humain incarné. Peut-on enfin trouver un équilibre entre diviniser l'homme et humaniser Dieu ?

Il n'est pas sûr que le Royaume soit-disant promis par Yeschouah aie été celui des Cieux, mais plutôt celui de la Séphira Malkhouth. N'oeuvrait-il pas avant tout pour la libération du Royaume d'Israël ?

Et d'ailleurs son Eucharistie du pain et du vin renvoie au Kiddouch du Shabbat, mais est a priori d'origine non juive : impensable en effet de consommer le corps et le sang transmuté du Fils de Dieu. Ceci n'est-il pas la preuve de l'initiation de Yeshouah du côté égyptien et grec (rite orphique) ?

Et, pour en revenir aux Lettres, elles sont bien les vecteurs du langage des dieux, permettant le retour à Dieu, le savant Principe.

Les dieux des différents Panthéons ne sont-ils pas le reflet des puissances qui nous animent ?

Et quand tu parles de « monothéisme différencié », ne faut-il pas rappeler qu'un monothéisme bien compris ne s'oppose pas au polythéisme, qui dans notre définition précédente, n'a de fait pas cessé d'exister ?

Rappelons que L'Alphabet des Dieux, ton oeuvre majeure, présente un chemin à travers les Lettres Centrales, les Lettres hors de l'Arbre, les Lettres Matricielles, les Lettres Joviennes, les Lettres Ignées et les Lettres Ultimes, afin de contempler et connaître l'Arbre de Vie.

J'ai particulièrement apprécié les passages sur Isis (pp.290-291), le Nom de Gloire-YHSVH (pp. 506-510), ESTIA-déesse du foyer (Chapitre Lettre E).

J'ai appris là des choses que je n'ai trouvées nulle part ailleurs, des points de détails bien utiles. Ton approche de « kabbale globale » permet le questionnement sur le sens profond de l'Arbre de la Connaissance en creux, en traversant ses représentations en plein, modulées au fil des civilisations et des millénaires.

En effet, la question est sans fin : de quoi parlons-nous ?!

 
4. KARNEIOS, LE HAUT LIEU

Pour finir, juste un mot pour notre héros, Féeric, les Lieux magiques, qui proclame « un dieu réside dans chaque lieu », peux-tu nous en dire un peu plus sur Karnéios, la divinité du cairn, dont la racine est la même que Chronos ?

Merci à toi, pour ta présence et ton oeuvre.

Shalom.

© Eric LE NOUVEL

 

(Photos Jean HAAB et ses livres, copyright Jean HAAB - Photos Marie ELIA et ses lettres hébraïques, copyright Marie ELIA)

 

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